« 1 décembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 195-196], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10173, page consultée le 25 janvier 2026.
1er décembre [1836], jeudi après-midi, h.
Bonjour, mon cher bien-aimé, j’ai fait la paresseuse parce qu’à mon ordinaire je ne
me suis endormie qu’à trois heures, cette nuit, et mon sommeil a été souvent
interrompu par le souvenir de mon souper qui me pesait plus
qu’un remords, je t’en réponds.
Il fait un temps délicieux mon Toto chéri, je
voudrais être avec vous sur une IMPÉRIALE quelconque. Je
vous assure que je goûterais une félicité toute royale et
que je ne demanderais rien autre, même pour MES ÉTRENNES. À propos d’étrennes, je
te
prie mon Toto de ne voir dans mon insistance que le plaisir d’avoir un souvenir de
toi. C’est un enfantillage peut-être, mais enfin j’y tiens. Seulement je veux que
tu
me traites en vrai enfant et que tu me donnes le moindre joujou, quoi que ce soit,
pourvu que ce soit quelque chose à l’intention du jour de
l’an.
J’ai acheté ma dentelle ce matin. Je crains que tu ne me grondes, j’ai pourtant
tâché de faire ce que je croyais le mieux.
Je t’attends pour avoir les oreilles tirées et pour baiser votre
main qui me frappera, car je suis et veux être
toujours votre pauvre chien.
À bientôt, n’est-ce pas, je t’aime de toute mon âme.
Juliette
« 1 décembre 1836 » [source : BnF, Mss, NAF 16328, f. 197-198], transcr. Claudia Cardona, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.10173, page consultée le 25 janvier 2026.
1er décembre [1836], jeudi soir, 4 h
Voici déjà la journée écoulée, mon cher petit Toto, et vous n’êtes pas encore venu
embrasser votre pauvre Juju qui vous aime de toute son âme. Ne croyez pas pourtant
qu’elle grogne et qu’elle mouzonne dans son coin,
car vous vous tromperiez. Elle est très impatiente, très désireuse de revoir son cher
petit Toto, mais enfin elle attend.
Il fait un temps
de printemps. Si tu pouvais me faire marcher ce soir, cela me ferait grand bien, je
le
sens. Et puis j’ai été un peu tourmentée cette nuit par mon gigot. Et puis, et puis,
je serais avec vous, ce qui est la meilleure et la plus hygiénique des raisons. Il me semble que j’ai entendu les fumistes dans la
cheminée. C’est pour le coup que nous ouvrirons portes et fenêtres.
Je vous
attends toujours, je pense à vous toujours et je vous aime toujours de plus en plus,
ce qui ne laisse pas que de faire un bon tas d’amour.
Où êtes-vous à présent ? Pensez-vous seulement un peu à moi, et avez-vous le désir
d’appuyer votre bouche sur la mienne ? Dans ce cas, à bientôt, je l’espère.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle refuse un engagement à la Porte-Saint-Antoine. Hugo l’emmène en voyage en Normandie et en Bretagne, où elle revoit Fougères, sa ville natale.
- JanvierElle refuse un engagement au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine.
- 8 marsElle emménage au 14 rue Sainte-Anastase.
- 23 marsHugo donne une mèche de ses cheveux à Juliette.
- 26 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française. Marie Dorval joue la Tisbe, Mlle Volnys joue Catarina.
- 15 juin-21 juilletVoyage avec Hugo en Normandie. Le 22 juin, étape à Fougères où elle n’était pas revenue depuis l’enfance.
- 14 novembreLa Esmeralda à l’Opéra (musique de Louise Bertin, fille de Bertin aîné, sur un livret de Hugo).
- 8 décembreMort en bas âge de son neveu Michel-Ernest Koch.
